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Femmes et changements climatiques

Femmes et changements climatiques
 
 

Femmes et changements climatiquesDe nombreuses femmes s’engagent en politique pour améliorer la qualité de vie de leur communauté. Cet article présente la deuxième de sept (7) fiches visant à outiller les élues des gouvernements municipaux sur les concepts-clés du développement durable et de l’action environnementale et climatique. Conçue comme une aide à la décision, facile à consulter, chaque fiche traite d’une problématique et d’enjeux liés aux compétences des municipalités et propose des bonnes pratiques appliquées à la réalité des conseils municipaux.

Cliquez ici pour visionner la fiche.

 

Alors que l’intégration de la dimension de genre dans la lutte et l’adaptation aux changements climatiques est discutée depuis plusieurs années dans les sommets internationaux sur le climat, le sujet est peu connu au Québec et peu traité par les gouvernements et la société civile.

Il y a un manque de connaissances et un besoin d’éducation et de sensibilisation afin d’inciter des actions intégrant ces considérations. Les êtres humains ne sont pas tous égaux face aux enjeux climatiques et chaque épisode de crise accentue les inégalités préexistantes. Certains groupes sociaux, en raison par exemple de leur genre, leur statut socioéconomique, leur race, leur ethnicité ou leur âge sont plus vulnérables aux impacts des changements climatiques, du fait que certaines formes de discrimination et de marginalisation persistent dans nos sociétés.

 

Changements climatiques

Les activités humaines et les émissions de gaz à effet de serre (GES) que celles-ci impliquent sont la cause des changements climatiques. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a statué que pour stabiliser le climat au seuil critique de + 1,5 °C, l’humanité dans son ensemble doit être carboneutre en 20502.

Parmi les principaux impacts des changements climatiques observables au Québec, notons les vagues de chaleur, une détérioration de la qualité de l’air et de l’eau, la diminution des sources d’eau potable, la multiplication d’événements climatiques extrêmes et l’augmentation de l’aire de répartition des vecteurs de maladies humaines.

 

Enjeux

Les politiques et stratégies gouvernementales n’intègrent pas ou peu les questions d’égalité entre les sexes aux questions environnementales et les hommes sont surreprésentés dans les instances décisionnelles, notamment dans les secteurs liés aux changements climatiques (transport, ressources naturelles et énergie). Tandis que les hommes ont tendance à miser sur les solutions techniques et technologiques dans l’action climatique, les femmes privilégient plutôt l’implication directe et les changements de comportement.

Selon le Baromètre de l’action climatique, les femmes se sentent plus visées, sont davantage portées à agir et proposent des solutions différentes. Une étude auprès de 33 000 canadiennes et canadiens démontre aussi une préoccupation plus grande des femmes pour l’environnement.

L’analyse différenciée en temps de crise

Les événements météorologiques tels que les canicules affectent particulièrement les femmes, notamment sur le plan physiologique puisqu’elles sont moins tolérantes à la chaleur extrême. Mobilisées comme proches aidantes ou employées de première ligne, elles vivent un stress marqué durant et après les épisodes de crise climatique ou sanitaire, d’ailleurs souvent liés à l’augmentation de la violence domestique. Plusieurs études indiquent que les séquelles d’événements météorologiques sont plus durables chez les femmes et établissent un lien entre le stress prénatal et certaines difficultés éprouvées par les enfants issus de ces grossesses. Cependant, les femmes ne sont pas que victimes des catastrophes naturelles. Elles sont nombreuses, après celles-ci à démontrer une résilience et une volonté d’agir collective au profit de la communauté.

 

Champs d’action des municipalités

Les campagnes de réduction doivent tenir compte du fait que les femmes et les hommes n’ont pas la même empreinte carbone. Le champ de compétence des municipalités dans l’action climatique peut être large. Tout dépend de leur volonté à mettre en action des objectifs vers la carboneutralité.

Les municipalités peuvent intervenir efficacement grâce à leurs pouvoirs de réglementation et de taxation, en investissant dans certaines infrastructures ou en mettant de l’avant des programmes incitatifs. Les outils et occasions de financement se multiplient, tant au niveau gouvernemental ou auprès d’organisations investissant dans des approches innovantes, ou dans la recherche en lien avec l’écofiscalité, l’analyse de cycle de vie ou l’économie circulaire. Par ailleurs, tant dans le cadre de campagnes de sensibilisation que dans l’élaboration de plans de mesures d’urgence et de prévention, tenir compte des impacts différenciés des changements climatiques et impliquer une variété représentative des communautés dans la prise de décision contribuera à leur succès.

  • Les campagnes de sensibilisation doivent tenir compte du fait que les femmes et les hommes ont différentes perceptions des changements climatiques et des solutions envisageables.
  • Les campagnes de réduction doivent tenir compte du fait que les femmes et les hommes n’ont pas la même empreinte carbone.
  • Le poids des mesures de réduction ne doit pas être porté de façon disproportionnée par les femmes.

 

Bonnes pratiques

Comme gouvernement de proximité et suivant les compétences qui leur sont attribuées6, les municipalités peuvent encourager ou rendre obligatoires diverses actions climatiques individuelles et collectives. Elles peuvent utiliser leurs pouvoirs règlementaires, proposer des incitatifs économiques ou de mobilisation, au bénéfice du plus grand nombre. À titre illustratif, voici quelques interventions possibles :

  • Milieux naturels et verdissement : investir dans des infrastructures naturelles vertes et de protection des milieux naturels ; mettre de l’avant et faire la promotion de mesures de verdissement.
  • Souveraineté alimentaire et agriculture urbaine : favoriser l’agriculture de petite échelle, les jardins collectifs et communautaires, un type d’intervention où les femmes sont majoritaires.
  • Aménagement du territoire : planifier de façon à réduire les temps de déplacements vers les services de proximité (écoles, commerces, autres) notamment pour favoriser la participation des pères - dont les lieux de travail sont souvent plus éloignés - dans la prise en charge des enfants. Intégrer davantage de femmes dans les processus décisionnels et la planification et en rendant les instances actuelles plus consultatives, représentatives et démocratiques.
  • Mobilité : s’assurer que les décisions en transports collectif et actifs tiennent compte des différences de comportements et de capacités financières et favorisent les déplacements des femmes au quotidien en tout confort et sécurité.

 

Outils et ressources

De nombreux outils sont disponibles pour les municipalités et diverses instances décisionnelles en soutien à l’intégration du genre, notamment des guides et trousse d’outils développés par des organisations internationales, nationales ou québécoises. Ces outils portent notamment sur l’analyse différenciée selon les sexes (ADS) et sur la communication sur le climat en fonction du genre dans l’élaboration de plans, programmes, bilans, inventaires, etc.

Organisations et initiatives internationales

 

Références